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Reprendre des forces après une fausse couche

Chaque année, en France, environ 200 000 femmes tombent enceintes et 15 à 20% de ces grossesses se terminent en fausse couche. Cela touche donc presque 2 femmes sur 10.

Ce constat, terrible, surtout quand ça nous arrive, est le même que ce soient des grossesses dites naturelles ou des grossesses liées à un parcours de PMA.

Nous sommes toutes à égalité sur ce sujet et malheureusement, toutes les histoires se ressemblent.

Je ne vais pas écrire un long paragraphe sur les différentes fausses-couches existantes et leurs causes, je ne suis pas médecin et il existe de nombreux articles qui traitent déjà de ce sujet.

Ce qui est difficile quand on subit une fausse couche (oui, j’emploie le terme subir car on se la prend en pleine figure et ça fait très mal), c’est que peu de personnes peuvent comprendre. On a beau être entourée, on a beau avoir un(e) chéri(e), une famille et/ou des ami(e)s hyper présents, malgré cela, on se sent seule.

Parce que si on n’a jamais vécu cela, on ne peut pas comprendre.

Moi aussi, j’ai fait une fausse couche.

Après 6 inséminations artificielles, je n’ai eu aucune accroche, aucun test de grossesse positif… puis je suis passée à la FIV.

Et pour la 1ère fois de ma vie, une barre s’est affichée sur ce p*** test de grossesse. Wouhou !!

Imagine le bonheur que j’ai pu ressentir, 3 ans après ma 1ère insémination.

J’ai filé au labo pour faire une prise de sang pour confirmer et à 16DPO, j’avais un taux bhcg à 257 ui.

Je mets ce jour dans le top 10 des plus beaux jours de ma vie.

Je fais une 2nde prise de sang 48 heures après. Elle a doublé, tout juste mais ça a doublé ! Le taux était à 514 ui. Le “fois 2” pile poil !

J’étais littéralement sur un nuage. Et à aucun moment, j’ai eu peur d’une fausse couche. Pour moi, c’était bon. Adieu les piqûres, les rendez-vous pour les échographies tous les 2 jours, fini le stress et la course contre la montre.

C’était bien la FIV qu’il me fallait. Et je me souviens avoir pensé que j’avais vraiment perdu un temps fou avec ces 6 inséminations…

J’ai donc envoyé un e-mail à mon gynécologue pour le prévenir de mon positif et il me répond avec des félicitations et me demande de prendre rendez-vous auprès de son secrétariat pour une échographie de contrôle du sac utérin.

2 ou 3 semaines plus tard, chez mon gynécologue, le rendez-vous se passe très bien : on voit bien le sac (la GEU est exclue) mais je le savais, il était bien trop tôt pour voir ou entendre son petit cœur.

Pas grave, je suis heureuse, aucun nuage gris ne peut perturber mon ciel bleu. Je suis sereine et croyez-moi, ça ne m’était pas arrivé depuis des lustres. Je prends rendez-vous à la maternité (à Paris, il paraît qu’il faut faire vite, les places sont chères !

Et je reprends rendez-vous le mois suivant chez le gynécologue pour enfin entendre le plus beau son que mes oreilles n’ont jamais entendu… Mais, oui, voilà le mais : pendant l’échographie, mon gynécologue me regarde, je vois tout de suite que quelque chose ne va pas. Et d’un air dépité, il m’annonce que le cœur ne bat pas et que l’embryon a un retard de croissance.

J’étais donc à 6SA.

Je ne m’effondre pas chez lui, j’ai un sentiment de colère qui arrive en premier. A la question de savoir si je préfère un médicament pour le faire partir ou un curetage, je me rappelle avoir demandé la 2ème solution en pensant que si « ce début de bébé » (même si c’est un embryon, c’était déjà mon bébé) ne veut pas de moi, et bien moi non plus, alors autant tout enlever et rapidement, sans souffrance physique.

C’est en sortant de son cabinet, dans les escaliers, que je m’effondre. Je suis envahie par un sentiment de tristesse, puis d’injustice. Je me sens vide et épuisée.

Je pense immédiatement que je n’aurais pas le courage de tout recommencer, les rendez-vous échos et les prises de sang, les piqûres quotidiennes, les angoisses des résultats, le voyage et son organisation de dernière minute, l’attente des 15 jours avant le verdict final…

J’aurais voulu me raccrocher à ce que m’avait dit mon gynécologue : « ça a marché une fois, ça remarchera », mais je ne voulais pas l’entendre et surtout, je n’étais pas prête.

Et j’en arrive au titre de mon article : « reprendre des forces après une fausse couche ».

Les 3 mois qui ont suivi peuvent être qualifiés de déprime totale. Des sentiments, tous négatifs, une annonce de grossesse d’une amie… une douleur que personne ne peut comprendre.

Alors comment se reconstruire ? Chacune fera comme elle le peut. Là aussi, chaque femme est différente.

Moi, j’ai sombré dans la déprime, j’ai touché le fond, comme on dit. Pendant un peu plus d’1 mois. Je me suis isolée et j’ai décidé qu’il fallait rebondir. Parce que je le voulais mon bébé.

J’ai pris rendez-vous à nouveau chez mon gynécologue pour m’assurer que je pouvais réessayer. J’ai recontacté la clinique danoise, grâce à qui j’ai eu mon positif.

Et j’ai pris soin de moi. De mon alimentation. De mon corps en faisant un peu d’exercices (mais pas beaucoup, j’avoue).

Et j’ai travaillé mon mental, qui était à plat. Y croire à nouveau. Revoir cette barre sur ce fameux test de grossesse. C’était ça mon objectif. Me persuader que ça allait marcher. Et j’ai repensé très fort à ce que me disait mon gynécologue (« ça a marché une fois, ça remarchera »).

Je me suis tournée vers la médecine douce : l’acupuncture pour « rééquiliber mon corps », pour travailler sur les énergies ; et la sophrologie pour gérer mon stress et reprendre confiance, confiance en moi, confiance en mon corps dans ses capacités à donner la vie et confiance en mon futur bébé.

Et vous savez quoi ? Ça a marché !!!

2 mois plus tard, je retentais une FIV et cette fois, c’était la bonne.

J’ai continué l’acupuncture et la sophrologie à raison d’une séance de chaque, tous les mois jusqu’à pratiquement l’accouchement. Ça me faisait du bien, j’étais sereine et confiante.

Et j’ai accouché d’un merveilleux petit garçon, tout zen, peut-être grâce aux médecines douces, qui sait ?

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